Publié en juin 2026
Votre enfant se réveille la nuit en hurlements ?
Il est agité, confus, semble terrifié, et vous n’arrivez pas à le calmer ?
Vous avez beau tout essayer, ces cris se répètent la nuit et cela vous inquiète ? Cela correspond peut être à des terreurs nocturnes.
Je reçois beaucoup de parents à mon cabinet qui consultent pour des réveils nocturnes sans savoir que ce sont des terreurs.
Voici un article pour vous permettre d’y voir plus clair et de répondre à vos questions les plus courantes concernant ce phénomène fréquent mais pas moins difficile à vivre quand on est parent.
📑 Sommaire
- Qu’est-ce qu’une terreur nocturne ?
- Comment savoir si c’est vraiment une terreur nocturne ?
- Est-ce la même chose qu’un cauchemar ?
- Pourquoi mon enfant fait-il des terreurs nocturnes ?
- Que dois-je faire pendant une terreur nocturne ?
- Peut-on prévenir les terreurs nocturnes ?
- Quand faut-il consulter un professionnel ?
- Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une terreur nocturne ?
La terreur nocturne est une parasomnie, au même titre que les cauchemars, le somnambulisme, les rythmies du sommeil ou encore le fait de parler durant le sommeil. Les parasomnies représentent des phénomènes indésirables et considérés comme anormaux qui surviennent à l’endormissement ou durant le sommeil.
Elles sont assez fréquentes chez l’enfant : des épisodes isolés concerneraient jusqu’à 20 à 40% des enfants, tandis que des terreurs nocturnes récurrentes sont plus rares (1 à 6% selon les études). Elles surviennent le plus souvent entre 9 mois et 6 ans, avec un pic vers 3-4 ans.Elles sont assez fréquentes chez l’enfant (20% des enfants) entre 9 mois et 6 ans avec un pic vers 3/4 ans.
Bien qu’impressionnante, la terreur nocturne ne représente pas un danger en soit pour votre enfant, qui d’ailleurs n’a aucun souvenir de ce qui se passe pour lui au réveil du matin.

La terreur se produit en sommeil lent profond ou très profond, durant la première partie de la nuit (0h/1h). Tout simplement car le sommeil lent profond est plus présent proportionnellement en début de nuit. Mais les terreurs peuvent aussi se manifester à d’autres moments, comme en deuxième partie de nuit ou durant les siestes.
Durant la terreur, l’enfant dort profondément. C’est comme si l’esprit était profondément endormi alors que le corps était réveillé.
Elle peut durer une 20aine de minutes puis l’enfant continue son cycle de sommeil comme si de rien n’était.
Comment savoir si c’est vraiment une terreur nocturne ?
Ce n’est pas évident pour les parents de savoir reconnaitre la terreur. Il existe cependant des signes particuliers qui pourront vous aider à comprendre ce qui se passe.
Pendant une terreur, votre enfant se met à hurler tout à coup, alors qu’il dormait paisiblement. Le début est brutal, et vous avez beau tout tenter, votre enfant ne s’apaise pas. Au niveau de son comportement, votre enfant peut :
- Crier, hurler (certains parents ont même appelé SOS médecin tant les cris étaient impressionnants)
- Sembler terrifié ou douloureux
- Se débattre, être agité, vous repousser voir vous taper
- Avoir les yeux ouverts, avec un regard apeuré, mais vous ne parvenez pas à établir de contact visuel avec lui ou elle
- Avoir des demandes confuses, qui n’ont pas de sens
- Etre désorienté, agité
- Respirer rapidement, être en sueur
- Etre assis, ou debout dans son lit
- Fuir lorsque vous tentez de vous approcher
Un des signes majeurs : votre enfant ne s’apaise pas à votre contact. Voir même votre présence peut majorer les signes. Enfin, le matin, votre enfant (lorsqu’il est en mesure de parler) n’a aucun souvenir. En général, les parents qui ont assisté à une terreur s’en souviennent et savent les reconnaitre lorsqu’elles se reproduisent.
Est-ce la même chose qu’un cauchemar ?
Bien que souvent confondues, ces deux parasomnies sont pourtant très différentes.
- Terreurs nocturnes : Elles surviennent généralement en première partie de nuit (avant minuit) , pendant le sommeil lent profond. L’enfant semble éveillé, peut crier, s’agiter, avoir les yeux ouverts mais ne vous voit pas et ne réagit pas. Il transpire, son rythme cardiaque s’accélère. Il est inconsolable et le lendemain matin, il n’a aucun souvenir de l’épisode.
- Cauchemars : Ils se produisent plutôt en fin de nuit, pendant le sommeil paradoxal (celui des rêves). L’enfant se réveille, est effrayé, peut raconter son rêve et est réactif et consolable. Il se souvient généralement de son cauchemar.

Pourquoi mon enfant fait-il des terreurs nocturnes ? Est-ce grave ?
Les terreurs nocturnes sont un phénomène assez courant chez les enfants, et considéré comme bénin tant qu’elles ne sont pas trop fréquentes. Elles ne causent aucun dommage psychologique à l’enfant et disparaissent spontanément avec l’âge, à mesure que son cerveau gagne en maturité.
Les causes les plus fréquentes sont assez simples à corriger :
- La dette de sommeil : Un manque de sommeil chronique ou un coucher tardif peuvent augmenter leur fréquence.
- Le stress ou l’anxiété : Des changements importants (déménagement, rentrée scolaire, arrivée d’un petit frère/sœur) peuvent jouer un rôle.
- Surstimulation ou apprentissages importants : un enfant en plein apprentissages psycho et/ ou moteurs manifestera certainement une fatigue psychique plus importante, à l’origine de terreurs nocturnes passagères (apprentissage de la marche, du langage, propreté, débuts à l’école, lecture, etc.)
- Changement de rythme de sieste : un arrêt de sieste ou un passage de deux siestes à 1 peut être déclencheur de terreurs car l’enfant est plus fatigué
- La fièvre ou la maladie : Une élévation de la température corporelle peut être un déclencheur.
- Les causes médicales comme le syndrome d’apnée du sommeil ou le RGO peuvent majorer la fatigue et donc les terreurs nocturnes.
- Prédisposition génétique : Il y a souvent des antécédents familiaux de terreurs nocturnes ou de somnambulisme.
Que dois-je faire pendant une terreur nocturne ? Comment réagir ?
C’est la question qui angoisse le plus les parents. Bien que certains parents observent que certains gestes apaisent leur enfant, le maître mot est neutralité, calme et zen attitude (oui, je sais, plus facile à dire qu’à faire) :
- Ne réveillez pas votre enfant : Tenter de le réveiller en pleine terreur nocturne est souvent difficile et peut le désorienter davantage, voire le rendre plus agité.
- Assurez sa sécurité : Veillez à ce qu’il ne se blesse pas s’il se débat ou se lève. Écartez les objets dangereux, fermez la porte de sa chambre si nécessaire.
- Restez calme et silencieux : Votre présence rassurante, même si l’enfant ne la perçoit pas consciemment, est importante. Parlez-lui doucement, avec une voix apaisante, même s’il ne semble pas vous entendre. Évitez les stimuli trop forts.
- Ne le secouez pas et n’essayez pas de le raisonner : Il n’est pas conscient de votre présence ni de la situation. Toute tentative de le calmer logiquement sera vaine.
- N’allumez pas la lumière : cela le réveillerait et pourrait majorer la fréquence des terreurs nocturnes dans les nuits à venir
- Ne sortez pas l’enfant de sa chambre (même si vous observez qu’il se calme plus rapidement). Cela pourrait le réveiller et engendrer une difficulté à se rendormir par la suite.
- Laissez l’épisode passer : Une terreur nocturne dure généralement de quelques secondes à quelques minutes, rarement plus de 15-20 minutes. L’enfant se rendormira ensuite comme si de rien n’était.
- Evitez de parler à votre enfant des terreurs le lendemain : il ne s’en souvient pas et cela pourrait renforcer une appréhension à aller dormir;
Certains parents observent que rester à côté peut réduire la durée de la terreur. D’autres au contraire n’interviennent pas (dans la mesure où l’enfant est en sécurité dans son lit), connaissant bien le phénomène.
Souvenez vous, votre enfant dort et ne s’en souvient pas. Il n’est pas en souffrance, il n’est pas entrain de vous appeler. Répétez vous ceci lorsque les terreurs arrivent, car c’est parfois très douloureux pour un parent de voir son enfant faire une terreur.

Peut-on prévenir les terreurs nocturnes ? Quelles sont les astuces ?
Bien qu’on ne puisse pas toujours les empêcher totalement, certaines mesures peuvent réduire leur fréquence ou leur intensité :
- Assurez un sommeil suffisant et régulier : La fatigue est un facteur majeur. Couchez votre enfant à heures fixes, en lui offrant un temps de sommeil adapté à son âge. J’ai vu beaucoup de terreurs s’apaiser rien qu’avec ce conseil.
- Mettez en place un rituel du coucher apaisant : Une routine calme ( histoire, câlin) favorise un endormissement serein et un sommeil de meilleure qualité.
- Évitez les excitants avant le coucher : Pas d’écrans (télévision, tablette, téléphone), pas de sursimulation intellectuelle non plus (devoirs, lecture autonome, jeux de réflexion) au moins une heure avant d’aller au lit, et limitez les boissons sucrées.
- Réduisez le stress diurne : Si vous identifiez des sources d’anxiété, essayez d’y remédier ou d’en parler avec votre enfant. Parfois, un peu plus d’attention ou de temps de jeu calme peut aider.
Quand faut-il consulter un professionnel de santé ?
Dans la plupart des cas, les terreurs nocturnes ne nécessitent pas de consultation médicale. Elles disparaissent d’elles-mêmes. Cependant, il est conseillé de consulter si :
- Les terreurs sont très fréquentes et perturbent fortement la vie de famille (+ de 3x/ semaine pendant + ,de trois mois)
- Elles sont accompagnées d’autres problèmes de sommeil ou de comportement diurnes.
- Vous êtes inquiets et avez besoin de faire le point avec un professionnel
Une consultation sommeil vous permettra de faire un point complet, d’éliminer d’autres causes et mettre en place les conseils adaptés à la situation de votre enfant.
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Non, il est recommandé de ne pas réveiller un enfant pendant une terreur nocturne. Cela peut le désorienter davantage et prolonger l’épisode. Mieux vaut s’assurer qu’il ne se blesse pas et attendre que la crise passe d’elle-même.
Non, malgré leur caractère impressionnant pour les parents, les terreurs nocturnes ne représentent aucun danger pour l’enfant et ne causent aucun dommage psychologique. Elles disparaissent généralement spontanément avec la maturation du cerveau.
La terreur nocturne survient en première partie de nuit pendant le sommeil profond : l’enfant est inconsolable et n’a aucun souvenir au réveil. Le cauchemar survient plutôt en fin de nuit, réveille complètement l’enfant, qui est alors consolable et se souvient de son rêve.
Les terreurs nocturnes touchent surtout les enfants entre 9 mois et 6 ans, avec un pic vers 3-4 ans. Elles disparaissent le plus souvent spontanément en grandissant, à mesure que le cerveau gagne en maturité.
Une consultation est recommandée si les terreurs sont très fréquentes (plus de 3 fois par semaine pendant plus de 3 mois), si elles s’accompagnent d’autres troubles du sommeil ou de comportement diurne, ou si vous ressentez le besoin d’être accompagné et rassuré.
Il existe souvent une prédisposition familiale : des antécédents de terreurs nocturnes ou de somnambulisme chez les parents augmentent la probabilité que l’enfant en fasse également.








