Comme mes deux premiers enfants, bébé 3 n’a pas échappé à cette cochonnerie de RGO. Pour les chanceux qui ne connaissent pas, le RGO ou Reflux Gastro Œsophagien représente la première cause des difficultés de sommeil les premiers mois. Je vous partage ici mon expérience de maman et mes tips de professionnelle. J’espère que cela pourra vous aider et apporter un peu de soulagement à vos bébés 😉

Le RGO : c’est quoi au juste ?

Il est normal et physiologique qu’un bébé régurgite car le petit clapet qui ferme l’estomac est encore immature. Des petites quantités de lait remontent après les repas sans générer de douleurs chez l’enfant. La plupart si ce n’est tous les bébés ont des régurgitations mais n’en souffrent pas forcément.

Lorsqu’il y a un RGO compliqué, ces remontées sont nombreuses, importantes et se font également à distance des repas. Lle lait est donc acide. Cela est douloureux pour le bébé. Il arrive fréquemment que le lait qui remonte ne soit pas extériorisé par la bouche. On parle de reflux interne.

Attention, le RGO n’est pas une maladie et est pour la grande majorité des cas sans gravité pour le bébé.

Plusieurs signes témoignent d’un rgo :

– le bébé n’arrive pas ou peu à dormir à plat sur le dos (pleurs, réveils très fréquents,..)

– le bébé semble machouiller du chewing gum, et grimace après les repas, tousse, fait des fausses routes.

– Odeur de vomi ou de lait caillé persistante

– bébé qui pleure, se tend et est agité avant, pendant et après les repas (c’est à dire à peu près tout le temps les premiers mois.)

– hoquet fréquent

– un bébé qui mange de petites quantités très souvent (pour soulager sa douleur mais manger l’irrite donc c’est un cercle vicieux)

– difficultés à roter

– présence de lait caillé sur la langue et l’intérieur des joues

– Un muguet peut apparaître du fait de l’acidité dans le tube digestif et la bouche

– pleurs ++ et de plus en plus importants au fil des semaines.

Le fait de mettre en place des actions anti rgo rapidement favorise un sommeil de qualité et évite une majoration des douleurs. Dans tous les cas, n’hésitez pas à en parler à votre médecin, SF, puéricultrice… Accompagner un bébé qui pleure plus de 3heures par jour, qui semble inconsolable et douloureux est très éprouvant. Et souvenez vous, un bébé ne pleure jamais pour rien ! Faites confiance à votre intuition de parents. Pour Alix, j’ai tout de suite repéré le RGO. J’en ai parlé à l’interne de la maternité qui après l’avoir auscultée à peine 5 minutes m’a simplement dit : oh elle ne semble pas plus douloureuse qu’un autre bébé…Il faut parfois consulter plusieurs médecins pour enfin être entendu et aidés ! Un traitement par gaviscon ou gel de polysilane peut être conseillé en première intention. Et si besoin un traitement par inexium sera évalué au cas par cas.

Les traitements non médicamenteux

Ayez toujours en tête qu’il n’y a rien de miraculeux et qu’il faudra parfois attendre plusieurs jours voire semaines pour que tout cela fasse effet. Je vous parle ici de notre expérience et vous propose quelques actions qui ont prouvé leur efficacité.

Le Coconababy (pour ne pas le citer) a clairement été notre meilleur allié dès le retour de la maternité. Le fait de Surélever la tête du bébé diminue mécaniquement les remontées. Ça a été magique pour nous car sans cela, notre cocotte ne dormait que sur mon ventre. Petit point prévention : il est vrai qu’il est préférable de faire dormir son bébé à plat sur le dos. Mais pour certains bébés c’est juste IMPOSSIBLE car ils sont trop douloureux. Chaque parent agit en connaissance de cause.

Le portage : là encore, le fait de verticaliser un maximum le bébé, notamment après les biberons /tétées favorise une digestion sans douleur. Et le portage a de nombreux autres effets tellement positifs qu’il serait dommage de s’en priver !

Variez les positions de sommeil en journée : côté et ventre. Ces positions diminuent mécaniquement les remontées de lait. Vous observerez d’ailleurs très certainement l’apaisement de votre bébé dans ces positions. Tant que vous avez votre bébé sous les yeux et que vous pouvez le surveiller bien évidemment.

L’ostéopathie : à condition de trouver un professionnel compétent. J’ai trouvé la perle rare sur Nantes. Pour les parents intéressés n’hésitez pas à m’envoyer un mail je vous transmettrai ses coordonnées.

Ne couchez pas votre bébé juste après son repas. Portage, transat ou bras pendant une vingtaine de min au moins. Dans la même démarche, privilégiez de changer votre bébé avant le repas.

Lavages de nez réguliers car le lait peut irriter les voies respiratoires. Souvent d’ailleurs, on voit le bébé éternuer pour se dégager.

Bébé au biberon : optez pour un lait épaissi ou lait AR. Choisissez une tétine au débit adapté. De plus, certains biberons permettent de limiter le volume d’air avalé grâce à une valve. N’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

Bébé allaité : privilégiez la position transat pour les tétées. Cette position permet au bébé de mieux gérer le flux de lait et d’avaler moins d’air. Pour les mamans ayant un Reflexe d’Ejection Fort (REF) vous pouvez également exprimer manuellement ou tirer les premiers jets lors de la tétée pour éviter à votre bébé un afflux de lait trop rapide. A voir : réduction voir éviction des protéines de lait de vache et éventuellement des croisés.

Celle liste n’est pas exhaustive mais vous donne déjà un bon panel de solutions faciles à mettre en place.

Bébé RGO : prendre soin des parents

Chers parents de bébé RGO, je vous en prie, déculpabilisez ! Je sais bien que c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais avoir un bébé qui pleure est tellement éprouvant, fatigant, prenant que souvent, nombre de questions tournent dans la tête des parents : “mais qu’est ce que je ne fais pas bien ? pourquoi mon bébé pleure autant et dort si mal alors que le bébé de mon amie semble si zen ? Est-ce à cause de moi ? On me dit que je suis stressée…je dois transmettre mon stress à mon bébé…”

Après avoir eu 2 enfants RGO, j’étais préparée pour notre numéro 3 . Du coup je me pose moins de questions, je prends les choses comme elles viennent et tout parait plus simple. Je relativise et m’épuise moins à tout analyser : “c’est comme ça pour le moment, mais je sais que cela passera. Je ne fais rien de travers, j’ai confiance en moi et en mon bébé!” Cet état d’esprit positif aide beaucoup. Je suis certaine que le petit moulin à questions qui tourne dans la tête des parents participe grandement à leur épuisement. J’aime bien dire aux parents que j’accompagne cette prière de Marc-Aurèle :

Donne moi la force de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de savoir distinguer les deux“.

En parentalité, c’est exactement cela. Il y a toujours des choses à faire pour aider son enfant mais on ne peut pas tout maîtriser. Prendre conscience de cela permet un lâcher prise et un regard bienveillant envers soi même en tant que parent.

Sur ces paroles fort philosophiques je vous souhaite plein d’amour et de doux moments avec vos bébés ! Je m’en vais pouponner 🙂