La parentalité positive…quel parent n’a pas le désir d’appliquer ses principes éducatifs ?

Elle se définit « comme une manière d’accompagner les enfants dans la non-violence, l’écoute et le respect des besoins de chacun[1] ». Un programme qui fait rêver tout parent. Comment ne pas avoir envie de donner le meilleur à son enfant ?

Mieux comprendre le fonctionnement de l’enfant, ses émotions, le développement de son cerveau a permis de le considérer comme une personne. L’éducation s’est vue réellement remaniée. On est loin de la toute-puissance parentale et de l’éducation par la menace d’il y a quelques décennies. Et c’est tant mieux !

J’ai cependant le sentiment que de nos jours, les nombreuses connaissances apportées par les neurosciences ont eu des effets contradictoires sur la parentalité. Pourquoi ? Car comme pour tout, certaines interprétations conduisent à des dérives.


La parentalité positive, un modèle d’éducation

J’entends quasi quotidiennement dans la bouche des parents des phrases qui résonnent comme des paroles d’évangile : “on ne laisse pas pleurer notre enfant”, “nous pratiquons la parentalité positive”. Il est vrai qu’il y a quelque chose de très rassurant à suivre des recommandations et chercher des exemples. Tout parent en a besoin. J’ai pu moi même décrire ainsi mes valeurs de maman. Être parent c’est vouloir le meilleur pour son enfant. Derrière ces phrases, tellement d’amour, et surtout le souhait de faire du mieux possible !

Mais, cette accumulation de nouvelles connaissances n’a-t-elle pas éloigné parfois les parents de leurs intuitions et leurs observations ? Engendrant une nouvelle génération de parents qui peine à prendre confiance en eux ?

La théorie et la pratique : pas si simple !

Etre parent c’est aussi savoir qu’il faut souvent une bonne dose d’inspiration et d’improvisation pour faire face à certaines situations. Accompagner un enfant à grandir, c’est apprendre à composer entre la théorie et la pratique. Et ne pas suivre à la lettre toutes les recommandations lues ou entendues. Clairement, dans ma vie de maman, il y a de nombreuses fois où je me suis éloignée de ces grands principes « positifs » lus dans les livres. Non pas parce que je suis contre. Mais simplement car c’est parfois difficile d’être à la hauteur de toutes ces recommandations. Et que j’ai appris avec mes enfants l’importance de me faire confiance et de savoir dédramatiser certaines situations.

Un exemple parmi d’autre : Mme Filiozat, dont les livres m’ont énormément appris et inspirée, décrit l’intérêt de proposer un câlin à un enfant lors d’une décharge émotionnelle. Lorsque l’enfant est en crise, le fait de l’enlacer provoque la sécrétion d’ocytocine qui favorise le relâchement et l’apaisement. Les premières fois que j’ai proposé cela à mon enfant, j’ai vite compris qu’il y avait un fossé entre la théorie et la pratique ! Clairement, ce dont il avait besoin à ce moment là, c’est de bouger, taper, crier, et surtout être libre de ses mouvements ! Cela peut paraître anodin mais je vous avoue que cela m’a beaucoup contrariée de ne pas réussir à le calmer par cette méthode. Puis j’ai compris que finalement, je respectais son besoin, j’adaptais ma réponse à ses réactions, et surtout, ce n’est pas parce qu’il pleurait que je devais absolument stopper ses pleurs !

L’intuition parentale au cœur de l’éducation

Souvent, la peur de mal faire par rapport à une injonction telle que “il ne faut pas laisser pleurer son enfant” conduit à l’épuisement et au doute. Quel stress, quelle pression pour des parents de toujours rechercher à bien faire… Et c’est sur ce point qu’il y a un gros travail d’informations à faire aux parents : élever un enfant, ce n’est pas faire à sa place ! Ce n’est pas éviter ses pleurs ni compenser ses frustrations ! Mais c’est l’accompagner peu à peu à trouver ses ressources, en confiance, pour mieux comprendre et gérer ses propres émotions.

La parentalité positive oui, mais uniquement si chaque parent s’approprie les principes pour les mêler à leurs propres intuitions. Etre parent demande déjà tellement d’énergie, de patience, d’écoute, de temps…Nous vivons dans une société exigeante. Comme pour tout,il s’agit de savoir prendre du recul et ne pas tendre vers un absolu inatteignable, au risque de s’épuiser.  L’intuition parentale est un outil puissant !

Vouloir une éducation positive, c’est d’abord savoir être positif envers soi-même en tant que parent. Se faire confiance, observer, écouter ce que notre enfant a à nous dire. S’écouter aussi et reconnaître ses limites. Ne cherchons pas à trop bien faire.

L’amour est la base la plus importante d’une éducation. Une éducation aimante est par nature positive. Aimer son enfant ne s’apprend pas, cela se vit, se ressent, s’éprouve… C’est le message le plus important à offrir aux parents.

Parentalité, parentalité positive, intuitive, bienveillante…peu importe finalement. Il est certain que toute parentalité est perfectible. Mais le parent parfait n’existe pas. C’est l’intention de bien faire pour son enfant, en prenant soin de soi en tant que parent.

Et vous, qu’en pensez vous ?

Pour aller plus loin, je vous conseille le livre de Mme Labbé “L’éducation approximative” que j’ai découvert en écrivant cet article.

[1] https://parentalitecreative.com/c-est-quoi-l-education-positive/