Lorsque vous êtes devenus parents vous avez regardé votre enfant en lui disant : « toi, tu ne seras pas comme ces autres enfants mal élevés, tu ne feras pas de crises, tu te tiendras bien dans les magasins, tu seras un enfant modèle ! »
Vous avez mis tous vos espoirs dans ce petit être si parfait ! Et vous êtes appliqués à lire manuels et encyclopédies sur l’éducation positive. Et puis un beau jour, alors que tout allait si bien dans votre petit monde :
« colèèèèèèèèère ! »
Gérer la colère d’un enfant, cela s’apprend ! Tous les parents passent par là. Entre la première et la deuxième année de votre enfant vous allez découvrir vos ressources en terme d’éducation.
Pour vous donner plein de force et d’énergie, je vous livre ici 3 clés pour vous aider à accompagner les colères de votre enfant.
A vous de jouer supers parents !

 

Clé n°1 :changez votre regard sur les colères 

 

Aussi banal que cela puisse paraître, il n’est pas simple d’accueillir la colère sans jugements pour nous, adultes. Or, si vous avez lu le dernier article « Colères : que vous dit votre enfant ? » non seulement votre enfant ne peut pas l’éviter, mais il est sain et normal qu’il soit parfois très en colère.

Arrêtez de culpabiliser vis à vis des autres. Changez vos croyances : ce n’est pas parce que votre enfant fait des colères qu’il finira délinquant, agressif et inadapté socialement. Et ce n’est pas non plus parce ce que vous êtes un mauvais parent.

Lorsque la colère survient ne cherchez pas à la contrer, ouvrez lui plutôt grand les bras ! Il sera toujours temps de discuter avec votre enfant après.

 

Clé n°2 : Connectez vous à votre enfant avec empathie

 

Il ne sert absolument à rien de raisonner votre enfant lorsqu’il est en pleine crise de colère. En étant à l’écoute de ses émotions vous lui offrez le meilleur des réconfort.

Un exemple : il hurle et se roule par terre car vous lui avez dit qu’il était temps de rentrer à la maison après avoir joué au parc. Plutôt que de réagir vous même avec agacement car après tout, il a déjà eu beaucoup de temps pour s’amuser ! Dites lui plutôt :  » je comprends que tu sois déçu, tu t’amusais bien ! tu trouves cela injuste de devoir partir ! Ce n’est pas facile pour toi … » Votre enfant se sentira compris. C’est comme si vous disiez à votre conjoint que vous vous sentez fatiguée en ce moment et qu’il vous réponde : « je comprends, cela ne doit pas être facile pour toi ! » C’est tout de même plus agréable qu’un « oh mais tu as fini de te plaindre oui ! C’est pas vrai…!« 

En vous montrant empathique vous faites redescendre la pression, tant pour vous que pour lui. Et vous permettez à votre enfant de comprendre ce qui se passe en lui en mettant des mots sur ce qu’il ne peut exprimer en pleine crise.

 

Clé n°3 : Accompagnez le tout au long de la crise 

 

Ne laissez jamais votre enfant se débrouiller seul face à une crise de colère. Cela ne fera que majorer l’état de stress dans lequel il est. En restant à ses côtés, même sans rien faire, vous lui montrez que vous êtes là pour lui. Vous renforcez la confiance qui vous lie. Votre enfant peut exprimer ses émotions sans peur d’être abandonné, jugé ou de perdre votre amour. Car il s’en passe des choses dans ces petites têtes ! Les enfants ne réagissent pas tous de la même façon lors d’une crise émotionnelle. Certains auront besoin de bouger, taper, se rouler par terre quand d’autres seront plus figés. Observez votre enfant, testez différentes attitudes et vous trouverez celle qui lui convient durant les crises et après.

C’est bien beau tout cela, mais concrètement vous la gérez comment la colère ?

C’est bien l’observation que vous aurez de votre enfant qui vous guidera. Malgré tout, il est intéressant de vous représenter la colère comme une vague. Avec une phase ascendante, un plateau et une phase descendante. Votre enfant aura besoin de vous durant toutes les étapes. Alors, chers parents, à vos surfs ! La vague vous attend !

 

Les 4 étapes d’une colère

 

La montée en pression

Votre enfant accumule de petites frustrations durant la journée. Mais aussi toute sorte d’émotions qui viennent bousculer son état intérieur.

Vous vous levez fatigués et avez le regard froncé en lui demandant de s’habiller ? Un copain lui prend un jeu des mains à la crèche ? Il a pris sur lui en vous voyant partir pour la journée ? Tant de choses insignifiantes pour vous mais qui laissent une trace sur sa petite page blanche de la journée. La pression monte peu à peu, ou très vite. Jusqu’à saturation.

Pour éviter ce trop plein d’émotions, aidez votre enfant à vider son réservoir émotionnel régulièrement dans la journée. Plein de jolies idées dans cet article « Nervosité, colères : comment aider votre enfant à libérer ses émotions ? » . Vous pouvez également l’aider à verbaliser ses émotions en lui montrant l’exemple.

Surjouez vos propres émotions, montrez lui que vous aussi vous êtes parfois déçus, frustrés, énervés…il apprendra beaucoup grâce à vous ! L’activité physique est également indispensable pour permettre à votre enfant d’évacuer les tensions : promenades, vélo, trampoline, ils ont un besoin vital de bouger !

Enfin, remplissez son réservoir affectif tout au long de la journée : des mots positifs, des câlins, des sourires, des encouragements… Votre enfant en raffole et en a tellement besoin !

 

L’explosion

Une frustration, un refus, une déception, et votre enfant explose !

Entre d’autres termes, un véritable « pétage de plombs ». Votre enfant pleure, crie, hurle, devient tout rouge. C’est une phase de décharge émotionnelle.

Mettez votre enfant à distance, dans un endroit à distance des regards et de tout ce qui pourrait alimenter son stress. Veillez à assurer sa sécurité car il pourrait se faire mal en se cognant quelque part. Vous pouvez tout à fait aménager un petit coin dans la maison fait de coussins pour qu’il puisse « décharger » son trop plein d’émotions sans danger. Ne cherchez pas à discuter avec lui ou à lui proposer de taper sur un coussin (par exemple) il est trop sous l’emprise des hormones de stress pour entrer en contact avec vous. Posez vous à côté ou un peu à distance de lui et dites lui simplement :  » je suis là, je vois que c’est difficile pour toi, pleure, crie si tu en as besoin ».

En bref, accueillez son émotion. Et ne perdez jamais le contact avec lui. Certains professionnels de la parentalité positive préconisent de prendre son enfant dans les bras et de le serrer contre vous afin de provoquer chez lui une décharge d’endorphine apaisante. Personnellement, je n’ai jamais réussi à apaiser mon enfant de cette façon à cette phase là de la colère. Il a besoin de bouger, de taper et ne supporte pas être pris dans les bras lorsqu’il décharge.

Je vous dis cela pour vous témoigner qu’il n’y a que vous qui connaissez vraiment votre enfant. En tâtonnant vous finirez par trouver l’attitude qui vous convient le plus à tous les deux.

 

La reconnexion

Votre enfant se reconnecte peu à peu à lui même. Son regard change, les pleurs sont moins intenses. La colère peut se transformer en tristesse à ce moment là. C’est d’ailleurs souvent le cas.

En vous montrant présent et empathique aux côtés de votre enfant vous lui permettez de sortir la véritable émotion qui s’exprime en lui. Vous pouvez l’aider à se reconnecter à lui même : « tu as eu de grosses émotions, tu as crié, tapé, est ce que tout est sorti ? Tu dois être tout fatigué maintenant ? Est ce que tu te sens mieux ? Maman et papa sont là pour toi, nous t’aimons très très fort » .

Allez toujours au rythme de votre enfant. Aidez le à aller jusqu’au bout de son émotions. Renouez doucement et tranquillement le contact avec lui. Et lorsqu’il est prêt et d’accord, vous pouvez proposer un gros câlin à votre bout de chou.

 

L’apaisement

Après toutes ces émotions, un temps calme sera souvent apprécié ! Une histoire, un câlin, un jeu partagé avec vous, un petit massage, tout ce qui lui permettra de se sentir aimé et en sécurité avec vous.

Un temps de douceur, de rire, de complicité qui remplit son réservoir affectif à nouveau de délicieuses émotions !

 

Vous n’êtes pas les seuls à tâtonner, douter, expérimenter milles attitudes face aux crises de vos enfants.
C’est un apprentissage permanent que d’éduquer un enfant. Et pour simplifier la chose, ce qui semble fonctionner avec votre aîné sera peut-être un fiasco pour votre second ! Chaque enfant est différent.
Gardez confiance en vous et en eux : ensemble vous avez des ressources incroyables ! L’amour que vous portez à votre enfant en est une !
Et si c’est trop difficile, si vous êtes à bout, ne restez pas seuls. L’épuisement parental est aujourd’hui connu et reconnu. Des professionnels et d’associations pourront vous aider dans ces périodes plus qu’éprouvantes.