La diversification alimentaire : un grand moment dans la vie de votre bébé.
Du haut de ses quelques mois, lui qui ne buvait que du lait va goûter aux fameuses purées! Vous voulez que tout soit parfait pour ce grand moment. Pas question de rater ses premières cuillères de légumes!
Voici quelques astuces pour aborder la diversification alimentaire de façon cool et détendue.

 

Quel est le bon moment?

Vous avez tout entendu : « ne jamais commencer avant 6 mois! » ou  « Bien au contraire, c’est important d’introduire les légumes et les fruits entre 4 et 6 mois« . « Si votre bébé régurgite beaucoup commencez avant 4 mois, cela l’aidera!« 

 

L’allaitement maternel exclusif couvre complètement les besoins nutritionnels de votre bébé jusqu’à ses 6 mois. De plus, le lait (maternel ou artificiel) est et doit rester l’aliment principal de l’alimentation de votre bébé jusqu’à 12 mois. C’est dans le lait qu’il trouve tous les nutriments nécessaires à sa croissance. L’introduction d’aliments « solides » va lui permettre de découvrir de nouvelles saveurs et textures tout en lui apportant d’autres sources de vitamines et nutriments.

Entre 4 et 6 mois il existe une « fenêtre de tolérance » où l’introduction d’aliments limite ( mais n’évite pas) le risque d’allergies. Avant 4 mois ses fonctions digestives et métaboliques sont encore trop immatures. Le risque allergique serait trop important. Après 6 mois le lait à lui seul ne couvre plus les besoins nutritionnels de votre bébé.

 

La diversification peut ainsi débuter de façon douce et progressive entre 4 et 6 mois.

 

Ceci dit, il est très difficile de donner une règle absolue, un âge idéal pour commencer la diversification. Les bébés sont tous différents. Certains seront des « gros » mangeurs, d’autres ne seront pas prêts, certains encore seront plus toniques que d’autres…tous les aspects morphologiques, physiologiques mais aussi neurologiques et psychologiques sont à prendre en compte pour évaluer le moment idéal pour votre bébé.

Voici quelques repères pour vous aider à choisir le bon moment

  • Votre bébé tient bien sa tête
  • Il regarde avec attention ce que vous mangez. Bien que certains bébés ne porteront aucun intérêt à l’alimentation même après 6 mois.
  • Il n’y a pas de grands changements programmés dans les semaines à venir ( entrée à la crèche, déménagement, changement de nounou, etc…)
  • Si votre bébé est malade, il est préférable d’attendre encore un peu.

 

 

Quoi qu’il en soit c’est l’observation de votre enfant qui vous guidera dans cette nouvelle étape. Prenez votre temps et allez à son rythme. L’alimentation doit rester un plaisir partagé. On parle souvent de la diversification comme quelque chose de rigide et presque scientifique. J’aime dire aux parents que leur enfant n’est pas un tube à essai qui va exploser si ils mettent un peu trop de ci ou de ça…tout est question de découvertes et de plaisir! Vous ne pouvez pas vous tromper…

 

Comment débuter la diversification?

 

Là encore les recommandations ont beaucoup évolué. Aujourd’hui, les recherches scientifiques ne valident pas l’intérêt d’un ordre particulier d’introduction des différents groupes d’aliments. Il est cependant habituel de commencer par les légumes. Si vous débutez pas les compotes il peut avoir plus de difficultés à accepter les purées de légumes par la suite car votre bébé a un attrait naturel pour le sucré. Mais là encore cela dépend des enfants. Vous pourrez poursuivre avec les laitages, puis les protéines animales et les féculents.

Il n’est plus recommandé de retarder l’introduction des aliments dits « allergéniques » comme l’œuf, le poisson ou le gluten. Tous ces aliments peuvent être introduits progressivement selon le rythme de l’enfant.

Les premières cuillères de légumes représentent un gros changement pour votre bébé. Dans la mesure du possible essayez toujours de mener vous même la diversification. Ce n’est pas le rôle de la nounou ni de la crèche. Si vous travaillez vous pouvez tout à fait débuter le week-end, ou lors de vacances, ou même le soir.

Choisissez un moment où vous et votre bébé êtes disponibles et détendus. Si votre bébé a très faim et s’impatiente donnez lui la tétée ou le biberon et proposez lui de goûter les légumes à un autre moment. Même si c’est entre deux repas, ce n’est pas grave. Installez le sur vos genou ou dans un transat face à vous. Evitez la chaise haute tant que votre bébé ne se met pas assis tout seul.

Vous pouvez lui proposer de goûter les aliments avec la cuillère, mais aussi sur le bout de votre doigt, ou en mélangeant un peu de purée au lait du biberon…toutes les astuces sont bonnes! Certains parents optent aussi pour la DME (Diversification Menée par l’Enfant) qui propose de nombreux avantages. Elle fera l’objet d’un article très prochainement.

Toujours proposer de petites quantités ( quelques cuillères) et sans forcer votre enfant. Il se peut qu’il refuse plusieurs fois un aliment avant de l’accepter. N’hésitez pas à lui proposer à un autre moment.

Proposez lui un aliment nouveau à la fois . D’une part afin de ne pas « perdre » votre enfant dans une multitude de goûts nouveaux. Mais également afin de surveiller le risque de réaction allergique. En règle générale une journée = une nouveauté!

Votre attitude est contagieuse : si vous faites la grimace votre bébé n’aura aucunement envie de goûter. Souriez, parlez lui « Tu vas goûter la bonne purée de carotte que maman/papa a fait pour toi! » et félicitez le!

Les purées ne doivent JAMAIS remplacer le lait. Donnez systématiquement une tétées ou un biberon avant ou après. Généralement une fois que votre bébé mange la totalité d’un petit pot de légumes (130g) il boit un biberon de 120 ml sur le même repas.

Jusqu’à 8 mois environ (+ ou – selon les enfants) votre bébé n’aura besoin que d’une purée de légumes par jour. Souvent le midi.

 

Quels légumes choisir?

 

 

 

Vous avez peut-être entendu qu’il fallait commencer par les carottes. Ce n’est absolument pas une obligation. Mais ce légume est souvent choisir pour son goût  sucré.

Quels légumes? carottes, patate douce, potiron, haricots verts, courgettes, betteraves, …tout est possible. La découverte des légumes et des fruits permet à votre enfant de développer ses goûts futurs. Préparez lui de jolies purées variées et colorées.

Pelez et épépinez les légumes avant de les cuire. La cuisson vapeur étant l’idéal pour préserver les qualités nutritionnelles des aliments.

Évitez simplement les légumes trop « agressifs » pour les intestins de votre bébé: choux, céleri, salsifis, poivrons, vert de poireau,etc…

Évitez également les légumes secs avant 18 mois ( lentilles, haricots secs, …)

La pomme de terre peut servir de liant dans les purées trop liquides ( courgettes par exemple). Mais il est encore trop tôt pour donner des purées de pomme de terre seule.

Ne jamais rajouter de sel ou de sucre dans les purées, qu’elles soient maison ou achetées dans le commerce. Ce qui vous paraît fade ne l’est absolument pas pour votre bébé. Tout les nouveaux aliments sont une explosion de saveurs dans sa bouche qui n’a connu que le lait.

Les nouvelles recommandations préconisent l’ajout de matières grasses, indispensables dans le développement neurologique de votre bébé.

 

Et les fruits?

 

 

Sous forme de compotes, bien cuits ou écrasés, ils sont souvent très appréciés!

La banane, la poire, la pêche peuvent être donnés crus si ils sont bien mûrs et pelés. Mais ne laissez jamais votre bébé sans surveillance.

Inutile de rajouter du sucre. Votre bébé n’en a pas besoin. 

Ils sont souvent donnés au goûter avec une tétée, un biberon ou un laitage.

 

 

La diversification est un vaste sujet. Je n’ai pas pu tout développer dans cet article. Le plus important à retenir est la simplicité! Ne faites pas tout un plat de la diversification.
Selon les traditions et les cultures il existe beaucoup de façons de procéder. Votre enfant est curieux par nature et sera ravi de goûter aux bonnes choses que vous lui proposez. Certains enfants on besoin de plus de temps. Allez à leur rythme et ne les forcez jamais.
Si cela perdure n’hésitez pas à consulter un professionnel de confiance. Des blocages peuvent exister liés notamment à des troubles de l’oralité. Les orthophonistes sont formés pour les accompagner. 
Belle aventure gustative à votre bébé!