Vous avez refusé à votre enfant un deuxième dessert et là…c’est le drame ! Devant votre refus il s’oppose !
Le voilà qui se met à hurler, se roule par terre, comme si il perdrait le contrôle de lui même…vous avez beau essayer de le raisonner, de le calmer, rien n’y fait !
Les colères sont bien connues des parents. Elles sont éprouvantes, fatigantes, usantes, éreintantes…! Nombre de parents perdent confiance en eux et ne savent plus comment agir, convaincus d’avoir « tout essayé » .
Partons en aventuriers au cœur des émotions de votre enfant pour décoder ce qui se passe en lui lorsqu’il est « en colère » .
Un cerveau immature : salut à toi petit homme préhistorique !

Face à ses réactions surdimensionnées vous vous dites certainement que votre enfant exagère un peu : « ce n’est pas la fin du monde, calme toi voyons ! »

Sauf que les colères, ne sont pas des comédies ! Ce n’est pas non plus pour vous provoquer, vous embêter ou vous tester que votre enfant se roule par terre.

En réalité, il ne peut pas contrôler ses émotions comme un adulte. Entre 1 et 3 ans, le cerveau archaïque (celui de l’instinct)  domine les réactions de l’enfant. Face à une frustration, une déception, ou une forte émotion, votre enfant réagit de façon totalement impulsive. Ces réactions excessives sont  dues à des caractéristiques physiques et biologiques qui se passent dans le cerveau de votre enfant.

Les hormones du stress (cortisol et adrénaline) l’envahissent et déclenchent des réactions d’attaque ou de fuite. D’où les coups, les cris, l’agitation que vous connaissez si bien. En gros, il agit comme un petit homme préhistorique !

C’est pourquoi votre enfant est incapable de prendre du recul sur ce qui se passe en lui. Il explose, et vit de véritables tempêtes émotionnelles. Ce n’est pas parce qu’il est capricieux, c’est simplement car son cerveau est immature. Pour info, il arrivera à maturité à … 25 ans ! 

Vous ne pouvez pas demander à votre enfant l’impossible. Il ne peut pas se calmer à la demande lorsque la colère ou une autre émotion l’envahit. Tout comme il ne peut pas passer au travers d’une colère sans la vivre pleinement.

Est ce vraiment une colère ? 

Maintenant que vous avez compris que le cerveau de votre enfant est très sensible aux émotions, une nouvelle question se pose : fait-il réellement des colères ?

Définition de la colère : c’est une émotion spécifique en réaction à une frustration. L’enfant dit son mécontentement. Il se « répare », et cherche à faire entendre son point de vue. La colère permet de prendre soin de son état intérieur. Elle est franche et relativement courte. Un exemple : vous lui dites « non », il hurle, crie, se fâche puis c’est terminé. La fameuse phase d’affirmation illustre bien cela.

Certains parents décrivent des situations où l’enfant se met dans des états pas possibles, de façon répétée, quelque soit le « prétexte ». Ils ont beau être à l’écoute, verbaliser, proposer des outils pour aider leur enfant à « décharger » la colère, les crises semblent même s’empirer au fil des jours… C’est très certainement que ce n’est pas de la colère ! Mais du stress : une accumulation de tensions qui n’ont pas été exprimées par l’enfant. L’enfant sature, son cerveau est en surchauffe. Cela finit par ressortir en crise de rage. Un exemple classique : les fameuses crises du supermarché. Ou les crises de décharge après une grosse journée à la crèche, ou si l’enfant n’a pas fait de sieste, etc…

Les enfants d’aujourd’hui sont plus stressés qu’il y a 30 ans. L’environnement y est pour quelque chose ! Ecrans, alimentation trop sucrée, rythmes de vie intenses, surconsommation d’activités extra-scolaires…il est important d’offrir des sas de décompression à votre enfant. Le meilleur traitement : vous ! C’est par votre présence rassurante, vos bras enveloppants, votre écoute attentive que vos enfants se sentiront en sécurité pour décharger ce surplus d’émotions.

La colère : c’est bon pour la santé ! 

La colère est une émotion. Au même titre que la joie, la peur ou la sérénité. Les émotions sont indispensables à notre bien-être. Elles nous renseignent sur notre état intérieur. Et nous permettent de nous adapter aux situations que nous rencontrons et d’y faire face. Par exemple, la peur permet de déclencher des réactions de fuite ou d’attaque indispensable à notre survie.

Pourquoi donc la colère n’a pas sa place dans le panel des émotions socialement acceptées ? Pour beaucoup la colère est tabou, elle dérange. On ne sait pas quoi faire de la colère d’un enfant : « ce n’est pas beau d’être en colère ! », « va vite te calmer dans ta chambre ! »

Nous avons tous, ou presque, été élevés dans cette idée. La colère est est malsaine, inutile, et signe de mauvaise éducation. Un couvercle est mis sur cette émotion. La colère est étouffée.

Alors qu’elle est bien réelle et fait partie de la vie ! Elle n’est pas réservée qu’aux enfants. Combien d’adultes s’énervent inutilement en voiture face à un conducteur un peu lent ? Combien d’autres ont des réactions excessives face à une machine qui ne fonctionne pas correctement ? Tant de prétextes pour sortir un trop plein de colère qui n’a pu être exprimé au moment opportun.

Que diriez-vous si la joie n’était pas acceptée socialement ? Imaginez : vous vivez un moment de joie intense et on vous demande d’arrêter de sourire et d’aller vous calmer tout seul…frustrant ? énervant ? angoissant ?

En apprenant à vos enfants à apprivoiser leur colère vous leur faites un cadeau pour la vie. Vous créez un lien de confiance avec eux, et leur permettez de trouver des ressources pour gérer leurs émotions. Prescription du jour : une petite colère bien explosive à prendre après le déjeuner ! 

Un moyen de s’affirmer : la première « crise d’ado ! »

La colère survient souvent face à une frustration ou un interdit auquel votre enfant n’adhère pas.

Il vit sa petite vie, commence à affirmer ses propres envies et besoins. La colère lui sert à se « réparer » face à l’adulte qui « décide pour lui« . Il crie, pleure, tambourine, tape des pieds pour vous dire « hé mais moi j’avais très envie de cette assiette jaune et je n’en voulais pas une autre ! »

Il apprend à choisir par lui-même et à revendiquer son autonomie. Ce qui vous paraît futile a une importance énorme pour lui. Vous ne pouvez plus tout décider pour lui.

Or, vous passez encore beaucoup de temps à lui dire « non » : « ne touche pas à ça »  « je t’ai dit de ne pas monter sur le canapé »  « non, on ne mange pas de chips au petit déjeuner ! » Lui qui recherche à s’affirmer et souhaite à tout prix vous montrer qu’il est capable, ne se sent pas toujours entendu face à ces nombreux refus.

Il finit par exploser, comme si il souhaitait vous dire « mais moi j’existe, je grandis et j’en ai assez que l’on décide pour moi !« 

Sans pour autant céder à tout, il sera important de faire des compromis avec votre enfant. Il doit pouvoir sentir que vous prenez en compte son envie de faire par lui même.

Il adhère à votre éducation

Lorsqu’il hurle et se roule par terre, votre enfant vous témoigne qu’il adhère à votre éducation ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, je vous l’accorde !

Si il était indifférent il ne manifesterait pas autant son mécontentement. Sa colère montre qu’il accepte l’interdit, même si c’est très frustrant pour lui .

C’est par la répétition qu’il vous teste et vérifie inlassablement que vous êtes bien au clair avec les limites que vous lui fixez. Cela le rassure de sentir votre détermination. Votre enfant a besoin de limites et d’interdits. Tout comme il a aussi besoin de les transgresser pour les apprendre. Tenez bon et gardez le cap ! 

 Comment réagir face aux colères ?

Il n’y a pas de recette miracle pour éviter les colères. Je dirais néanmoins qu’il y a des recettes pour mieux vivre les colères. Car vous l’aurez compris (au risque de me répéter) les colères sont saines et incontournables…

Etant moi même maman, je suis parfois démunie face à la violence de certaines crises de colères de mon aîné (2ans 1/2, oh le bel âge !)

Maintenant que vous avez un peu plus cerné le pourquoi du comment des colères, découvrez « les clés pour gérer les crises de votre enfant » dans le prochain article. Et rassurez vous, votre enfant n’est pas un monstre ou un tyran car il fait des colères. Il est simplement en pleine santé ! Parole de puéricultrice 😉